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    Allocution du 12 juillet 1961

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    Allocution du 12 juillet 1961

    Message  Admin le Jeu 13 Juil - 16:10

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    Cet immense effort intérieur pour la puissance et la prospérité nous détermine à employer nos propres moyens chez nous. C'est dire que l'entreprise qui consistait naguère à assumer le gouvernement, l'administration, l'existence, de peuples colonisés, est désormais périmée. Comme tout se tient, elle l'est aussi en raison du bouleversement universel provoqué par les deux guerres mondiales, par la conscience prise maintenant par les peuples de ce qu'ils sont, et par leur élémentaire volonté d'indépendance, Pour de multiples raisons, notre intérêt national direct est de nous dégager de charges coûteuses et sans issue, et de laisser nos anciens sujets disposer entièrement d'eux-mêmes. Tant mieux si les rapports nouveaux s'établissent dans l'amitié, dans la coopération, comme c'est le cas pour douze Etats d'Afrique Noire et pour la République Malgache. Mais de toutes les manières, le bon sens, le but, le succès s'appellent : la décolonisation. Il s'agit qu'elle se fasse également en Algérie. L'opération y est particulièrement difficile, parce que de 1830 jusqu'en 1958, on n'avait rien fait pour ménager la solution. Parce que l'insurrection qui est déclenchée depuis tantôt sept ans a compliqué terriblement celle-ci, et parce qu'il se trouve en Algérie une population d'origine européenne de plus d'un million de personnes qui ne sauraient être livrées à la discrétion des autres. Mais puisque la rébellion a multiplié les combats, les attentats, et répandu la terreur, il a fallu que notre armée l'emportât sur le terrain, de telle sorte que la France gardât l'entière liberté de ses décisions et de ses actes. Ce résultat est atteint, de telle sorte que nous pouvons prendre sur place maintes mesures d'apaisement. Commencer à transférer dans la métropole d'importantes unités. Envisager de réduire de plusieurs semaines, à partir de septembre prochain, la durée du service militaire en virant sur l'armement moderne l'économie qui en résultera. Cela étant, la France accepte, sans aucune réserve, que les populations algériennes se constituent en un Etat entièrement indépendant. Elle est toute prête à organiser, avec les éléments politiques algériens, et notamment avec ceux de la rébellion, la libre autodétermination. Elle demeure disposée à maintenir son aide à l'Algérie, dès lors que serait assurée la coopération organique des communautés et que seraient garantis ses propres intérêts. Faute de cette association, il lui faudrait, en dernier ressort, regrouper pour les protéger, dans telle ou telle zone, ceux des habitants qui se refuseraient à faire partie d'un Etat voué au chaos, leur procurer les moyens de s'installer dans la métropole si tel était leur désir. Ne plus se mêler en rien du destin de tous les autres et leur fermer l'accès de son territoire. Après quoi elle verrait venir. En tout cas, elle est décidée à cesser d'engouffrer à fonds perdus, en Algérie non plus qu'ailleurs, ses efforts, ses hommes et son argent. Comme je l'ai dit en maintes occasions, et notamment, l'année dernière à Paris, à monsieur le Président Khrouchtchev, si les Soviets veulent comme ils le disent, la détente et la coexistence, qu'ils commencent par les rendre possible, en cessant de menacer. Dans une atmosphère mondiale, qui serait celle de la coopération des Etats et du rapprochement des peuples, alors, un problème comme celui de l'Allemagne perdrait de son acuité, et pourrait, à un moment donné, être considéré objectivement par les puissances intéressées. Mais, dès lors, qu'en remuant le tonnerre dans la coulisse, on manifeste l'intention de disposer de Berlin comme si trois grandes puissances n'y avaient pas les droits qui sont les leurs, et comme si les Berlinois ne devaient pas être maîtres d'eux-mêmes, on prend d'avance, à son compte la responsabilité des graves conséquences qui pourraient en résulter.

    Charles de Gaulle  Allocution du 12 juillet 1961



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