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    Magnifique témoignage quand on quitte l'islm

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    Magnifique témoignage quand on quitte l'islm

    Message  Admin le Lun 19 Juin - 13:49





    Préliminaires, par Annie Laurent : Au Maroc, la citoyenneté se confond avec l’identité islamique, sauf pour une résiduelle communauté juive indigène. La mention de la confession étant inscrite à l’état-civil, un musulman qui fait profession d’agnosticisme ou d’athéisme, ou encore se convertit au christianisme, ne peut donc pas être reconnu comme tel. Il demeure alors soumis à la charia, la loi islamique, y compris dans les affaires relevant du statut personnel (mariage, filiation, héritage). Ainsi, le Royaume chérifien ne reconnaît pas la liberté de conscience en matière religieuse. L’Église catholique locale se soumet à cette situation. Elle bénéficie certes d’une reconnaissance officielle, entérinée par une lettre patente datée du 30 décembre 1983, que le roi Hassan II adressa au pape Jean-Paul II. Mais elle est considérée comme l’Église des étrangers et s’abstient de manière stricte de s’adonner à tout ce qui pourrait s’apparenter à de l’évangélisation. Pour Mgr Vincent Landel, archevêque de Rabat, « il n’est pas question d’enfreindre les lois du Maroc » (1). Son clergé refuse donc d’accueillir des demandes de baptêmes émanant de musulmans marocains et même de répondre à leurs éventuelles questions sur le christianisme. L’activité évangélisatrice des protestants Il n’en va pas de même des protestants anglo-saxons. Par exemple, l’organisation Arab World Ministries, présente au Maroc, a ouvertement pour objet « l’annonce de la Bonne Nouvelle d’un Sauveur aux musulmans du monde arabe, conformé- ment à l’ordre du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ de prêcher la Bonne Nouvelle à toute créature » (2). Le zèle apostolique des évangéliques, qui utilisent surtout les moyens audiovisuels et numériques, suscite des conversions chez les Marocains. Ceux-ci doivent évidemment vivre leur foi chrétienne dans la clandestinité ou bien s’expatrier. Tel est le cas de Frère Rachid qui a émigré aux États-Unis d’où, avec d’autres, il agit à destination de ses anciens coreligionnaires afin d’« ouvrir leurs cœurs à l’intelligence des Écritures », comme le fit le Christ ressuscité dialoguant avec les pèlerins d’Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35). Depuis plusieurs années, Maurice Saliba, sociologue franco-libanais qui s’intéresse au phénomène de la contestation au sein de l’islam ainsi qu’à celui de ceux qui renoncent à cette croyance, suit de près l’activité missionnaire de ces protestants ; il entretient aussi des contacts avec certains convertis qu’il s’emploie à faire connaître en France, notamment en traduisant leurs écrits dans notre langue, comme il l’a fait pour le livre de Frère Rachid qui vient de paraître (3). On lui doit aussi la traduction du texte ci-après dont il convient de souligner le grand intérêt. Il s’agit d’un entretien de Frère Rachid réalisé par deux journalistes musulmans, Ahmed El-Sayyed et Haytham Saïd, et paru dans l’édition du 10 avril 2017 du quotidien égyptien, Ech-Choura (Le Conseil). En ouvrant pour la première fois ses colonnes à un chrétien venu de l’islam et connu pour sa critique publique envers son ancienne religion, ce journal a pris un risque réel, celui de susciter une vraie réflexion chez ceux qui l’auront lu et d’ébranler en eux les certitudes réputées intangibles inoculées par leurs textes sacrés. Enfin, en mettant ce document à notre disposition, Maurice Saliba veut sensibiliser les catholiques français à cet apostolat particulier, qui reste mal compris par une partie de la hiérarchie hexagonale, et aux attentes, souvent implicites, des musulmans avides de connaître Dieu.

    1. Aujourd’hui le Maroc, n° 978, 1er septembre 2005.
    2. Maroc Hebdo, n° 723, 8-14 décembre 2006.
    3. Daech et l’islam. L’analyse d’un ex-musulman, édité par la Fédération des Nord-Africains Chrétiens en France (426 p., 25 €). Pour le commander : FNACF, 5, rue d’Arcueil, 92120 Montrouge. Tél. : 06 36 35 32 52

    Comment avez-vous renoncé à l’islam et embrassé le christianisme ?

    Frère Rachid : Mon contact avec le christianisme a débuté à l’âge de 12 ans. En ce temps-là, j’écoutais une émission sur la chaîne « Trans World Radio ». Cette radio occidentale diffusait un programme présentant « Jésus d’un point de vue chrétien ». C’était la première fois que j’entendais le nom de « Jésus » et pas d’« Issa ». Au passage, je voudrais signaler que chez nous au Maroc, il n’y a pas de communauté chrétienne locale comme chez vous en Égypte. C’est pourquoi, nous ne savions pas grand-chose sur le christianisme, si ce n’est que ce qui est dit dans les textes religieux islamiques. Suite à l’écoute de cette émission, j’ai entamé une correspondance avec ses animateurs pour leur dire que leur discours était truffé d’erreurs. Car, le Coran nous dit que le Christ est un simple prophète et pas un Dieu incarné. « Ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’est qu’un faux-semblant », selon la sourate 4, verset 157. J’ai ajouté qu’un autre prophète est venu après lui, c’est Mahomet, et que l’islam a abrogé le christianisme dont on n’a plus besoin. Je voulais ainsi défendre ma religion, mes convictions et illustrer la supériorité de notre islam dans ce débat que j’ai entamé. Cette correspondance a duré plusieurs mois. Elle m’a permis par la suite de découvrir que je ne savais du christianisme que des choses erronées et que sa connaissance sérieuse et raisonnable nécessitait une lecture comparée d’un bon nombre de références. C’est alors que j’ai commencé au collège, puis au lycée, à poursuivre l’étude de la croyance chrétienne par correspondance. Cela m’a permis de comprendre que les croyances qui constituaient pour moi des postulats irréfutables, inébranlables, ne l’étaient pas en réalité. En effet, la négation par l’islam de la crucifixion du Christ, de sa divinité, ainsi que le fait d’accuser les chrétiens d’avoir falsifié ou corrompu l’Évangile, ne pouvaient pas être traités avec tant de naïveté et de légèreté. Ces thèmes m’ont donc conduit à une réflexion objective me permettant de favoriser la vision ou l’attitude chrétienne dans les questions conflictuelles entre l’islam et le christianisme. Suite aux conclusions tirées de ma recherche et de ma réflexion j’ai été en proie à un conflit interne très difficile et une souffrance psychique angoissante. C’est ainsi que je me suis trouvé face à deux options : soit abandonner l’islam et embrasser le christianisme en raison des résultats auxquels j’étais parvenu, soit ignorer l’impact de ces comparaisons effectuées et vivre toute ma vie dans l’hypocrisie – chrétien dans la pensée et les convictions, et musulman en apparence. Refusant d’être inconséquent avec ma conscience et ma conviction, j’ai décidé d’abandonner l’islam, d’embrasser le christianisme, et d’endosser les conséquences de cette décision.

    Y a-t-il un fait précis qui vous a forcé le plus à quitter l’islam ?

    Non, aucun fait particulier n’a contribué à mon abandon de l’islam. En réalité, j’ai aimé l’islam de tout cœur et avec dévouement. J’aimais et j’aime toujours mon père et ma mère. Je voulais toujours les satisfaire de toutes mes forces. J’aimais le statut social de mon père qui était l’imam de notre village, lui qui jouissait d’un respect inouï dans son milieu. Il aimait Dieu et voulait tout faire pour le satisfaire. Quant à mon abandon de l’islam, il est uniquement dû au conflit intellectuel au moment où je faisais la comparaison entre le christianisme et l’islam, et à rien d’autre. Vous évoquez un conflit intellectuel qui vous a perturbé.

    Voulez-vous nous en donner un fait concret comme exemple ?

    Bien entendu, je peux évoquer l’exemple de la crucifixion de Jésus-Christ. L’islam dit qu’il n’a pas été crucifié et qu’un autre individu l’a été à sa place. En revanche, le christianisme affirme qu’Il a été crucifié. Si on accepte l’assertion islamique, alors nous serons forcés de reconnaître : premièrement, que Dieu lui-même a réalisé la procédure du faux-semblant ; deuxièmement, que ceux qui ont écrit l’Évangile, ont décrit ce qu’ils ont vu. En effet, ils ont vu un individu qui ressemblait au Christ, croyant qu’il était le Christ lui-même. Par conséquent ils étaient fidèles dans leur description. Alors pourquoi faut-il accuser les chrétiens d’avoir cru et de croire toujours que le Christ a bien été crucifié ? Donc, celui qui les a trompés, c’était Dieu lui-même. Or, à Dieu ne plaise qu’Il fasse de pareilles choses. Dans ce cas, nous nous trouvons devant un dilemme : soit le Christ a été effectivement crucifié, soit Dieu est responsable de l’égarement des chrétiens (et des Juifs), en leur faisant croire que le crucifié était Jésus de Nazareth, alors qu’il ne l’était pas en réalité. En effet, le récit islamique ne résiste pas devant la vérification, la clarification et l’approfondissement. Les chrétiens disposent de documents historiques qui confirment que le Christ a été crucifié et dont les auteurs n’étaient pas chrétiens, comme l’historien et sénateur romain Tacite (58-120), l’écrivain satiriste Lucien de Samosate (120- 180), l’historien juif Flavius Josèphe (37/38-100), et tant d’autres. Que dire aussi des auteurs des Évangiles ? N’étaient-ils pas plus proches dans le temps et l’espace des événements que le Christ a vécus sur terre ? Par conséquent, il serait irraisonnable et inconcevable d’accepter un document paru au VIIe siècle et de rejeter des documents qui datent du Ier siècle de l’ère chrétienne. En outre, la science des archives accorde la crédibilité aux documents les plus anciens et les plus contemporains d’un événement. Il sera alors absurde d’y insérer la foi sans preuve tangible. Donc, la mort du Christ est confirmée si on se réfère aux documents de l’époque. Par conséquent, le récit de la ressemblance ne tient pas devant les preuves. Alors, j’ai choisi le christianisme parce que je me suis attaché à la Personne du Christ. J’ai découvert en Lui ce que je cherchais : un modèle de paix, d’amour, professant des enseignements remarquables sur la charité et le sacrifice en faveur des autres. Il a servi ses adeptes avec sincérité. Il s’est dévoué pour sa cause. Je me suis épris d’amour pour Lui. Pour cette raison, j’ai décidé de devenir un de ses disciples et de suivre ses enseignements.

    Voulez-vous nous expliquer votre premier contact avec le christianisme et nous dire qui vous a aidé au début pour choisir cette religion ?

    J’ai choisi le christianisme par correspondance. Ceux qui m’ont aidé dans ce choix étaient des chrétiens arabophones animateurs du programme « Trans World Radio ». Par la suite, ils m’ont mis en contact avec un missionnaire américain qui vivait au Maroc et que j’ai rencontré à Casablanca. Grâce à lui, j’ai fait la connaissance d’un groupe de jeunes chrétiens marocains qui se rencontraient discrètement dans ce qu’on appelait « les églises à domicile », car le gouvernement marocain n’autorisait pas les citoyens marocains à aller dans les églises propres aux étrangers, puisqu’il ne reconnaît pas par principe l’existence de chrétiens marocains d’origine musulmane. De tels cas font partie de l’apostasie dans la vision de la société musulmane comme dans celle du gouvernement. Par conséquent, ils étaient contraints de se réunir ou de se rencontrer discrètement. Suite à ces contacts avec les Marocains chrétiens, j’assistais régulièrement à leurs réunions. Ainsi ai-je appris que de nombreux autres groupes similaires existaient dans tout le pays. Le Christ était le dénominateur commun de ceux qui sont originaires de l’islam. Alors, nous avions commencé à s’organiser entre nous et à œuvrer pour la liberté de conscience et pour notre droit en faveur du choix de la religion qui nous convient.

    Quelle est la raison de votre attaque féroce contre l’islam, d’autant plus que les athées exploitent votre discours pour promouvoir cette critique ?

    D’abord, je voudrais exprimer ma réserve à propos de deux expressions que vous venez d’utiliser dans votre question : « attaque » et « féroce ». Moi, je n’attaque personne. Le mot « attaque » signifie avoir recours à la violence et suppose aussi l’usage de méthodes et de moyens non intellectuels et inhumains. Or, ce que je fais s’inscrit dans le domaine de la critique, alors que la différence de sens entre « critique » et « attaque » est énorme. Mais si on considère la critique comme une attaque intellectuelle contre des idées et des croyances, alors, cela devient possible. Cependant, je crains que l’on comprenne à travers votre question une incitation à la violence comme à la haine, c’est ce que je rejette formellement. Je ne l’accepterai jamais sous aucun prétexte. En revanche, la critique des religions est un des droits de l’homme. Les musulmans critiquent le christianisme et considèrent l’Évangile comme un livre falsifié. Ils disent : « Certes sont mécréants ceux qui disent : “Allah, c’est le Messie, fils de Marie !” » (Coran 5, 17). Ils disent aussi : « Ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux-semblant » (Coran 4, 157)… En dépit de tout cela, ils ne considèrent pas un tel discours comme une attaque contre le christianisme. Alors, lorsque je critique l’islam de cette manière, pourquoi considèrent-ils ma critique comme une « attaque » et la qualifient-ils de « féroce » ?

    Alors, pourquoi critiquez-vous l’islam ?

    Je le critique pour différentes raisons. D’abord, parce que ma première expérience fut celle de l’islam et pas celle d’une autre religion. Cette expérience m’a forcé à faire une nouvelle lecture de l’islam, mais dans la vision de celui qui n’y croit pas, tout en étant encore dedans, et avant de devenir chrétien. Je ne pouvais pas croire que ma religion était erronée. C’est pour quoi, j’ai relu la biographie de Mahomet (qu’on appelle la Sira) maintes fois. J’ai décortiqué tous les traités de l’exégèse. J’ai relu le Coran de nouveau. Alors, j’ai commencé à observer, avec une autre optique, les invasions et les guerres de Mahomet, le rapt et la captivité des femmes, la haine à l’encontre des Juifs et des chrétiens. Par conséquent, après ma conversion au christianisme, j’ai décidé d’analyser les enseignements qui motivent notre sous- développement, notre haine des Juifs, des chrétiens, de l’Occident, des mécréants, nos imprécations dans la prière contre l’autre, dans les invocations et les qunout (une pratique qui consiste à se mettre longtemps en état de prière et à prononcer des paroles discrètement ou à haute voix, Ndt). Ce sont les mêmes textes qui sont la cause de notre perturbation mentale et qui nous conduisent à rêver que nous allons gouverner le monde entier et envahir toute l’humanité pour répandre l’islam sur la terre entière. Ces textes nous disent aussi qu’un jour nous allons vaincre les Juifs qui, par crainte de notre puissance, se cacheront derrière un rocher ou des arbres, et que ces arbres vont les dénoncer et nous appeler pour venir les tuer et se solidariser avec nous pour la victoire finale des musulmans. J’ai découvert moult autres enseignements incompatibles avec la raison et l’esprit du vivre ensemble, de la tolérance et des droits de l’homme. D’autre part, l’islam ordonne qu’on me tue, car je suis un apostat selon ses enseignements. N’enseigne-t-il pas : « Celui qui change sa religion, tuez-le » ? Faut-il se taire face à une religion qui rend licite l’effusion de mon sang, qui me prive de mon droit de choisir ce qui me convient ? L’islam cherche à m’empêcher de le critiquer et considère tout individu qui le critique comme ennemi d’Allah et de son apôtre. Celui qui insulte Mahomet mérite la mort selon toutes les écoles juridiques en islam. Est-il raisonnable de se taire face à une religion qui veut me tuer, uniquement parce que j’ai exprimé mon point de vue publiquement ? L’islam critique les enseignements du christianisme et accuse les chrétiens de mécréance, de polythéisme et de corruption de l’Évangile. En tant que chrétien dois-je accepter ces accusations sans y répondre ? De nombreux musulmans ont des questions à poser et des interrogations concernant l’islam, mais ils ne peuvent pas le faire. Moi, j’ai brisé le tabou de l’interdiction, surmonté le complexe de la peur. J’encourage tous les musulmans à réfléchir, à s’interroger. Par ailleurs, je n’ai rien contre les athées qui utilisent mon discours et le diffusent. Je m’en réjouis s’ils le font, car c’est mon objectif. Il faut que ce discours soit diffusé le plus largement possible. Les idées ne sont le monopole de personne.

    Que pensez-vous d’Islam Bahiri (1), ce chercheur et homme de médias égyptien, qui a critiqué le patrimoine islamique ? Avez-vous un conseil à lui adresser ?

    Islam Bahiri est un chercheur ambitieux, militant, audacieux. J’admire ses qualités. Sa critique du patrimoine islamique s’avère remarquable. Il pose moult questions qui incitent les gens à la réflexion critique. Mais il me semble qu’il s’est arrêté à mi-chemin devant les lignes rouges qu’il n’a pas osé franchir. Il a mis tout le patrimoine en question. Il a critiqué Bukhari (2), Muslim (3), les doctes de la loi islamique, les rapporteurs, les narrateurs, les exégètes. Mais il s’est tu devant le Coran, ce tabou « intouchable », car il sait bien que le fait de l’effleurer, d’une manière ou d’une autre, signifie la fin de sa croyance ou plutôt de sa foi en l’islam. Islam Bahiri n’a abordé ni la vie de Mahomet ni le Coran. Il sait bien que la critique du patrimoine islamique et de ceux qui nous l’ont transmis de façon indirecte, mettra en cause le Coran et la biographie du Prophète. Les rapporteurs des hadiths sont les mêmes qui nous ont transmis le Coran et la biographie en question dite la Sira. Si les hadiths ne sont pas authentiques, qui pourra alors nous garantir que le Coran a été transmis de façon authentique ? Qu’y a-t-il d’authentique et de faux dans la Sira de Mahomet ? À mon sens, Islam Bahiri est sélectif ; il choisit ce qui lui plaît dans le patrimoine et occulte ce qu’il lui déplaît, sans respect des critères scientifiques. Si les anciennes interprétations du Coran étaient fausses, qu’est-ce qui peut nous garantir que l’interprétation de Bahiri serait la bonne ? Je voudrais lui dire qu’il doit utiliser son courage, sa critique à l’encontre de tout le patrimoine islamique, y compris celle du Coran et de la biographie du prophète de l’islam. S’il respecte dans sa recherche des normes scientifiques rigoureuses, il aboutira à des résultats totalement différents de ce qu’il a tiré ou découvert jusqu’alors. Je lui conseille de quitter l’Égypte. Personne n’a pu jusqu’alors critiquer l’islam de l’intérieur d’un pays musulman. Je regrette de dire qu’Islam Bahiri sera amené à choisir : soit continuer son parcours à partir de l’Égypte et être muselé dans une prison ou d’une autre manière, soit subir le même sort que Farag Fouda (4). En tout cas, je lui souhaite la poursuite de son combat en dehors de l’Égypte.

    Voulez-vous nous parler de votre nouveau livre intitulé Daech et l’islam. L’analyse d’un ex-musulman (5) ? Quelles sont les grandes lignes de son contenu ?

    Comme son titre l’indique, ce livre répond à une question que tout le monde pose : « Daech a-t-il un rapport avec l’islam ou non ? ». En effet, j’ai effectué une comparaison très méticuleuse entre l’histoire de l’islam selon les références islamiques officielles, et l’histoire de Daech. J’ai vérifié comment l’islam et Daech ont émergé et appliqué leurs enseignements sur le terrain. Puis, j’ai examiné toutes les théories qui expliquent le terrorisme, notamment celle qui est la plus proche du phénomène de Daech. J’ai passé en revue toutes les preuves que les musulmans avancent lorsqu’ils cherchent à écarter ou à dédouaner Daech de l’islam. J’ai aussi analysé les raisons qui ont conduit Daech et al-Qaeda à perpétrer des attentats en Occident, comme à Paris, à San Bernardino, contre Charlie Hebdo, et d’autres… C’est un livre global et quasi exhaustif qui comprend tout ce qui pouvait être dit sur Daech et l’islam. Tout au long de ce travail, je me suis efforcé de respecter au maximum l’esprit académique dans la manière de poser les questions, dans l’analyse des faits, dans la vigilance absolue quant aux références, dans la précision scientifique des documents dépouillés, et ce, conformément aux normes des recherches scientifiques appliquées dans les universités occidentales.

    Vous avez créé un nouveau site électronique pour attaquer l’islam. On vous reproche d’être appuyé par ceux qui rejettent l’islam, notamment les coptes de l’étranger. Est-ce vrai ?

    D’abord, mon site n’est pas réservé à l’attaque de l’islam. Mon site reflète mes idées, ma vision, mes convictions. Je suis un militant pour promouvoir le droit de critiquer les religions, notamment l’islam, car c’est la seule religion qui cherche à interdire la critique par l’intimidation et la loi relative à « la diffamation des religions ». Je milite pour le droit de l’individu à croire en ce qu’il veut. Je défends la liberté de croyance, les libertés personnelles. Je défends les minorités chrétiennes persécutées au Proche-Orient. Ce sont mes préoccupations. C’est pourquoi je publie les écrits de tout individu qui traite l’un de ces thèmes. Quant aux chrétiens égyptiens vivant à l’étranger, ils jouissent de plus de liberté d’expression que les chrétiens à l’intérieur de l’Égypte. Alors certains écrivains coptes bien connus publient leurs essais sur mon site. Je confirme encore une fois que ce site n’est subventionné par aucun copte, mais j’accueille tout copte qui souhaite enrichir ce site par ses écrits, comme j’accueille avec grand plaisir des écrivains marocains, koweïtiens, bahreïnis, etc. J’invite quiconque souhaite y participer avec ses écrits et ses critiques, mais dans un cadre de politesse et de respect mutuel. Je voudrais aussi signaler que de nombreux musulmans vivant en Égypte souhaitent écrire sur mon site, mais ils n’osent pas le faire, par crainte d’être accusés du délit de diffamation des religions.

    Est-ce que vous haïssez l’islam et les musulmans ?

    Je fais toujours la distinction entre l’islam et les musulmans. D’abord, le musulman est un être humain comme tout le monde. Aujourd’hui il adopte une idée ou une idéologie et il est possible qu’il change sa vision le lendemain. Moi, j’aime tout le monde, notamment les musulmans, puisque la plupart de mes proches le sont toujours et j’ai de bonnes relations avec de nombreux amis musulmans. Nous sommes persuadés que nos relations amicales sont plus importantes que nos différences idéologiques. Le lien entre un homme et un autre demeure au-dessus de l’idéologie, car l’homme est plus important que l’idéologie. Quant à l’islam, je ne l’accepte pas, ni comme religion ni comme idéologie. Toute religion est somme toute un ensemble d’idées et de croyances. Quant à la croyance, nous avons le droit de la rejeter, de la critiquer, de la changer et même de la haïr. Par exemple, le polythéisme est une idéologie. Si vous demandez à un musulman : Est-ce que vous aimez le polythéisme ? Il vous répondra : Non, je le hais. Quelqu’un va-t-il lui reprocher de haïr ou de rejeter une idée ? La divinité du Christ est une idée et une croyance. Si vous demandez à un musulman : Est-ce que vous aimez la croyance concernant la divinité du Christ ? Il vous dira : Non, je la hais. Ce musulman a-t-il le droit de haïr les idées et les croyances des autres et d’interdire aux gens de haïr les siennes ? Bref, moi j’aime les musulmans, mais je n’accepte pas l’islam. En revanche, mon amour des musulmans ne signifie pas que je doive accepter leurs idées et leurs croyances, comme il ne faut pas accuser quiconque de haine du fait d’avoir critiqué, examiné, douté ou rejeté notre croyance en privé ou en public. Vous pouvez aimer les gens sans être contraint d’accepter leurs idées que vous jugez inadéquates ou invalides.

    Est-il possible pour vous de retourner un jour à l’islam ?

    Je ne crois pas que je pourrai y retourner après avoir connu toute sa vérité de l’intérieur. Je l’ai étudié dans tous ses détails. Chaque épisode de mon émission à la télévision Al Hayat est un sujet de recherche et de vérification approfondie sur l’islam. Si j’avais le moindre doute que c’était une religion révélée par Allah, je ne l’aurais jamais quitté. Or depuis que je l’ai abandonné, ma vie est devenue meilleure. À vrai dire, je me suis réconcilié avec moi-même, avec ma conscience, et j’ai la pleine conviction que je me suis libéré d’un lourd fardeau. Il m’est certainement impossible d’y retourner un jour.

    Ayant maintenant une connaissance approfondie de l’islam et du christianisme, quel est, à votre avis, le principal point de divergence entre ces deux religions ?

    La base du christianisme c’est l’amour. Dieu a créé l’homme à son image. Il veut l’aider à vaincre le mal, à se sauver, parce qu’Il l’aime de fa- çon indescriptible. C’est pourquoi il incombe aux chrétiens de diffuser le message de l’amour par la parole comme par l’action au monde entier. Quant à l’islam, il part d’une idée qu’un dieu, dit Allah, est le gouverneur absolu. Il n’a créé les êtres humains que pour l’adorer. Pour cette raison, ils doivent obéir à ses ordres et éviter ses interdictions, dans l’intention de leur accorder le pouvoir de gouverner la terre, d’y imposer, bon gré mal gré, sa religion, de combattre les autres religions, afin d’éviter la sédition.

    Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux musulmans et aux chrétiens dans le monde ?

    Mon message aux uns et autres, c’est d’accepter la culture de la différence et celle de la critique, de favoriser entre nous humains, un climat d’amour et de respect réciproque. Si la croyance du chrétien diffère de celle du musulman, celui-ci n’a aucun droit ni raison de haïr l’autre, et vice versa. En somme, nul n’a le droit de condamner ou plutôt de « mécréaniser » un autre, de l’intimider, de l’horrifier, de l’humilier à cause de sa doctrine ou sa croyance. Nous sommes tous égaux, alors que la croyance ou la doctrine demeure un sujet de discussion et de différence. Si nous parvenons à surmonter les différences, à accepter la critique avec un esprit large, alors, nous serons en mesure de réaliser une grande avancée vers le progrès, la coexistence paisible et le bien-être des uns et des autres.

    ◆ Texte traduit par Maurice Saliba

    1. Islam Bahiri (ou Behiri), jeune chercheur égyptien, président du Centre des Recherches islamiques à la fondation Al Youm al Sabeh (Le Septième Jour) au Caire, présentateur de l’émission Avec Islam Bahiri à la chaîne satellitaire Qanat al Qahira wannass. L’institution El-Azhar a critiqué son émission et le contenu des sujets traités sous prétexte de « diffamation des religions » et réclamé sa traduction devant la justice. En mai 2015, il a été condamné en première instance à cinq ans de prison, mais la Cour d’appel a réduit en décembre 2015 cette peine à un an.

    2. Bukhari (810-870), Abou Abdallah Muhammad al-Bukhari, compilateur des hadiths du prophète Mahomet, réunis dans six grands recueils intitulés Sahih alBihlari(l’Authentique d’al-Bukhari). Les musulmans considèrent l’ensemble de ces recueils comme étant le plus authentique après le Coran.

    3. Muslim Ibn al-Hajjah (821-875), compilateur d’une deuxième collection de hadiths les plus authentiques intitulée Sahih Muslim.

    4. Farag Fouda (1946-1992), écrivain, chroniqueur et militant des droits de l’homme égyptien, a été assassiné le 9 juin 1992 par les islamistes au Caire.

    5. Daech et l’islam. L’analyse d’un ex- musulman. Ce livre est sorti en arabe en juin 2016. Une version française vient d’être éditée en avril 2017 par Water Life Publishing en collaboration avec la FNACF en France, 426 p., 25 €. La version anglaise sera éditée en été 2017 aux États-Unis.

    Comment jugez-vous la position de l’institution islamique d’El-Azhar face au terrorisme ? Est-elle vraiment la cause de la propagation de ce fléau ?

    L’institution islamique d’El-Azhar professe, bien entendu, des enseignements islamiques dont une grande partie ne convient pas à notre monde moderne. À titre d’exemple, El-Azhar enseigne le châtiment du vol, qu’est l’amputation de la main. Si Daech ampute la main du voleur et annonce cela sur You Tube, le monde dira que c’est du terrorisme, alors que c’est enseigné à El-Azhar et dans toutes ses écoles. En revanche, El-Azhar n’applique pas ce châtiment. Mais si l’occasion se présente, ou si un régime islamiste s’établit en Égypte et réclame l’application de ce châtiment, alors El-Azhar sera le premier à l’appuyer. En outre, cette institution enseigne que la lapidation est le châtiment prévu par la charia pour punir l’adultère, alors que la lapidation est inadmissible aujourd’hui, et considérée comme une action terroriste, barbare, inhumaine, donc condamnable. Mais Daech l’applique sur le terrain. Alors quelle est la différence entre El-Azhar et Daech dans ce domaine, si le premier l’enseigne et ne l’applique pas, tandis que le second l’enseigne et l’applique ? Ce sont deux faces d’une même monnaie. El-Azhar enseigne aussi que le châtiment de l’apostasie c’est la mort. En revanche, lors de sa visite récente en Allemagne, le cheikh d’El- Azhar a déclaré que le châtiment de l’apostasie est inexistant dans le Coran. En effet, il a dévoilé la moitié de la vérité et occulté l’autre, qui est l’approbation par El-Azhar du châtiment de l’apostasie, même s’il ne figure pas dans le Coran, car il ne nie pas ce que disent les hadiths. Il les défend et approuve leur contenu et leur authenticité. À cet égard, le cheikh d’El-Azhar a prononcé un discours très ambigu devant les Allemands, avec l’intention de leur faire croire que son institution est en faveur de la liberté de croyance et qu’il n’accepte pas le châtiment de l’apostasie. Ainsi a-t-il cherché à berner et à égarer les Allemands (1). Il ne leur a pas dit ce que son institution enseigne réellement. Si El-Azhar enseigne qu’il faut tuer l’apostat et que Daech tue ceux qui sont considérés comme apostats, alors comment voulez-vous que j’innocente cette institution de l’accusation de propager le terrorisme et l’extrémisme ? Il faut noter qu’El-Azhar enseigne également tant d’autres choses. Mais sachez bien qu’une goutte de poison dans un pot de miel suffit pour empoisonner tout le miel.
    ————–
    (1) Note du traducteur : : C’est le même double discours que tiennent en France les doctes accrédités auprès des médias, tels Khaled Bencheikh, Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur, etc.)

    ET L’ATHÉISME ?
    Pourquoi n’êtes-vous pas devenu athée et avez-vous choisi l’adhésion au christianisme ?

    L’idée de l’athéisme m’a longtemps taraudé, au moment où j’ai vécu un conflit interne très pénible. Au début, je voulais me libérer de toutes les religions. Lorsque j’avais perdu confiance en ma religion de naissance, il ne m’était plus facile d’avoir confiance en une autre. Alors, j’ai souvent pensé devenir athée, mais cela n’était pas possible, puisque j’étais un homme qui croyait et croit toujours en l’existence de Dieu et à des valeurs supérieures absolues. L’idée de l’inexistence d’un créateur m’horrifiait. Elle signifiait que nous menions une vie absurde sans finalité. L’athéisme c’est l’absence totale de valeurs absolues en matière du bien et du mal, ce qui implique que tout est relatif selon le consensus des gens. Or, on sait bien que les gens s’accordent très souvent pour exercer la tyrannie, la répression et l’injustice. Si le bien absolu ou le mal absolu n’existait pas, nous ne pourrions plus juger quoi que ce soit, puisque ce que je considère moi-même comme un mal, un autre y voit un bien.

    Source : (Frère Rachid) 14| DOSSIER | Société L’Homme Nouveau N° 1641 du 17 juin 2017

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